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Maître Bastien FAVARD, l’avocat qui casse les codes (Le Figaro, le 31 octobre 2025)

À seulement trente-quatre ans, Maître Bastien FAVARD incarne une nouvelle génération d’avocats qui souhaite dépoussiérer l’image de la profession. Pour lui, l’enjeu est clair : savoir se renouveler et s’adapter aux nouvelles attentes des justiciables, tout en restant fidèle aux valeurs fondamentales de liberté et d’indépendance. À la tête de son propre cabinet à Aix-en-Provence, nous l’avons rencontré pour évoquer sa vision d’une profession en pleine évolution.

Entre deux continents : un parcours atypique au service de la liberté

Pour Maître Bastien FAVARD, la création de son propre cabinet ne s’est pas imposée comme un simple choix professionnel, mais comme une véritable évidence. « Être avocat, c’est exercer une profession libérale, sans contraintes », explique-t-il. Cette liberté s’exprime à travers l’autonomie complète dans le choix des clients, des matières juridiques qu’il souhaite pratiquer, et surtout dans la manière de défendre chaque dossier, sans avoir à se plier à une hiérarchie ou à des règles internes trop strictes.

Là où beaucoup voient leur avenir dans l’ascension fastidieuse au sein de grands cabinets, Bastien FAVARD revendique l’entrepreneuriat et la prise de risque à travers la création de sa propre structure.

Son parcours est atypique : après des études menées en France, il a enrichi sa formation aux États-Unis, où la profession d’avocat bénéficie d’une plus grande latitude dans sa manière d’exercer. Cette expérience américaine lui a permis d’adopter une vision plus ouverte, innovante et moderne qu’il applique aujourd’hui dans le cadre de sa pratique en France. Là-bas, la liberté de communication entre l’avocat et ses clients est plus souple, ce qui facilite la relation de confiance. Fort de cette double culture juridique, il apporte une nouvelle dynamique à son exercice, rompant avec certains codes traditionnels français.

La réactivité au service du client : une rupture avec les codes traditionnels

Une des critiques les plus courantes adressées aux professionnels de la justice concerne leur difficulté à être joignables. « Les clients se plaignent souvent que leur avocat ne les rappelle jamais, ou qu’ils tombent sur un standard impersonnel », constate-t-il. Soucieux de briser cette distance et cette opacité, il a décidé d’instaurer une relation directe avec ses clients : ces derniers disposent de son numéro personnel et peuvent le joindre sans passer par une secrétaire ou un filtre administratif.

Cette disponibilité, bien que contraignante, est à ses yeux essentielle pour répondre aux exigences actuelles du métier. En effet, la justice étant de plus en plus lente, il estime que « c’est également à l’avocat d’être plus réactif, pour que les justiciables souffrent le moins possible des lenteurs du système ». Cette approche prône ainsi une transparence et une confiance mutuelle, indispensables pour entretenir une relation saine et efficace entre l’avocat et son client.

Par ailleurs, la question des honoraires, souvent source de méfiance, est aujourd’hui traitée avec plus de clarté grâce à la convention d’honoraires obligatoire. « On fixe les honoraires à l’avance, en tenant compte de la complexité du dossier », précise-t-il. Cette transparence financière participe à renforcer la confiance, à une époque où les justiciables veulent être rassurés sur les coûts et les délais de traitement.

Une expertise ciblée

Intervenant notamment en droit immobilier, droit du travail et droit pénal, il a choisi de ne pas être un avocat généraliste. Cette pratique ciblée lui permet de garantir une expertise pointue et d’offrir un service de qualité à une clientèle diversifiée, allant du propriétaire immobilier victime de vices cachés au salarié injustement licencié. Cette diversité lui assure un quotidien professionnel riche, alternant plaidoiries, conseils et rendez-vous dans ses bureaux d’Aix-en-Provence.

Conscient de la lenteur des procédures judiciaires qui peuvent s’étendre sur plusieurs années, il privilégie autant que possible la recherche de solutions amiables. « Avant d’engager une procédure, on tente toujours de désamorcer le conflit », explique-t-il. Cette approche pragmatique et humaine est d’ailleurs encouragée par les juridictions, qui imposent désormais aux avocats de justifier leur tentative de médiation dans une majorité de litiges.

La capacité à répondre au défi de l’intelligence artificielle

L’avocat moderne doit s’adapter aux évolutions technologiques et à une clientèle de plus en plus informée. « Les clients arrivent aujourd’hui avec des certitudes qu’ils ont souvent puisées sur Internet ou via des outils comme ChatGPT. L’intelligence artificielle donne la dangereuse illusion aux justiciables de maîtriser le droit, voire même la procédure, certains allant jusqu’à se lancer seuls dans la saisine de la justice. Les résultats sont évidemment catastrophiques », souligne Maître FAVARD. Pour faire comprendre l’importance du recours à l’avocat et son expertise, il s’efforce d’être constamment à jour sur la jurisprudence, les réformes législatives récentes et les nouvelles pratiques. La formation continue et la veille juridique sont ainsi au cœur de son métier, afin de ne jamais être dépassé par les nombreux changements qui rythment désormais le quotidien des professionnels du droit. Cette haute technicité est un gage de crédibilité qui rassure le justiciable, rappelant que l’intelligence artificielle peut faciliter ou accompagner des recherches, mais n’est pas en mesure de remplacer un professionnel du droit.

L’avocat du XXIe siècle sait donc allier tradition et modernité, technicité et accessibilité, rigueur et proximité. Cette nouvelle génération d’avocats dynamiques, connectés et disponibles, répond aux exigences d’une société en mutation rapide. Elle transforme l’image parfois poussiéreuse de la profession en celle d’un acteur innovant et engagé.

Portrait publié le 31 octobre 2025 par Le Figaro : lire l’article sur lefigaro.fr

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